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Les chaussures roses à paillettes de mon fils

La première fois que Mon Grand a pointé du doigt des chaussures à paillettes, il devait avoir deux ans. A l’époque, je l’ai doucement redirigé vers une paire plus conforme aux attentes de la société sur ce qui doit se trouver aux pieds d’un petit garçon.

Deux ans plus tard, Mon Grand nous a demandé des chaussures roses à paillettes (oui, oui, celles de la photo)

Et nous avons accepté. Quel a été notre cheminement?

Le goût amer d’avoir cédé aux stéréotypes

Nous avons toujours eu à coeur d’être à l’écoute de nos enfants, de les accompagner dans l’affinement de leurs goûts, dans le développement de leur personnalité.

Dès tout petit, nous proposions même deux compotes à Mon Grand pour qu’il choisisse celle qu’il préfère !

Le premier épisode des chaussures à paillettes m’avait donc laissé un goût amer. Moi qui prônait l’autonomie et la liberté de choix pour mes enfants… j’avais refusé de lui acheter les chaussures qui lui plaisaient par soucis du regard des autres. Je suis ressortie du magasin avec un mélange de malaise, de culpabilité et de colère envers moi-même.

Je veux accompagner mes enfants à être qui ils sont…

J’ai beaucoup cheminé entre les deux épisodes des chaussures. J’étais notamment tombée sur cet article intitulé « Tu peux être fort comme une fille mon fils » du blog Famille à l’Ouest diffusée sur le blog de Famille Epanouie. A sa lecture, j’avais vraiment été confortée dans mes convictions et cela m’avait permis de mettre des mots sur mes valeurs et de comprendre le malaise que j’avais ressenti.

Nos enfants naissent sans préjugés. A leurs yeux, les couleurs, les jouets, les vêtements… ne sont pas sexués. Jusqu’à ce qu’on leur apprenne le contraire !

Je ne veux pas apprendre le contraire à mes enfants. Je ne veux pas leur imposer des stéréotypes sans fondement. Je ne veux pas dissoudre leurs goûts et leurs personnalité dans le socialement acceptable.

Je veux qu’ils puissent être qui ils sont en toute liberté. Je veux les accompagner dans l’affirmation de leurs choix, de leurs goûts.

… tout en veillant à ce qu’ils ne se sentent pas marginalisés…

… ou au moins à ce qu’ils vivent bien leurs différences !

Les goûts de Mon Grand ont continué de s’affirmer pendant ces deux années.

Nous avions aussi à plusieurs reprises fait des choix « différents » pour nos enfants et nous étions donc plus rodés à ignorer le regard des autres.

Et nous avons été prêt à accepter les chaussures roses à paillettes !

Ça serait mentir de dire qu’on a acquiescé sans réserve. Une partie de moi restait gênée, une partie de moi anticipait les réactions auxquelles mon fils pourrait avoir à faire face… et finalement, une autre partie qui gueulait plus fort se réjouissait d’avance de cet acte que j’associais à du militantisme.

Et ouais, les gens, mon fils porte des chaussures à paillettes et je vous emm…!!

Avant de se décider ultimement pour cet achat, nous avons quand même préparé Mon Grand aux éventuelles réactions que pourraient susciter ses nouvelles chaussures. Nous lui avons dit que certains adultes ou certains enfants pourraient lui dire que « ce sont des chaussures de filles ». Il a compris et a confirmé avec enthousiasme le choix de ses chaussures.

J’avais aussi découvert ces ressources de Maman Rodarde, que je me suis empressée d’imprimer, de plastifier et de montrer à mon fils (en tout cas pour ce qui concerne le rose et les paillettes).

Pour que les petits garçons puissent être et aimer qui ils veulent sans qu’on les emmerde

Pour que les petites filles puissent être et aimer qui elles veulent sans qu’on les emmerde

Au final, il y a eu très peu de remarques négatives. Les enfants se montraient plutôt étonnés. J’ai pu vraiment constaté à quel point les petits sont généralement conditionnés dès le plus jeune âge aux stéréotypes genrés.

Mon fils a du se justifier certaines fois  à l’aire de jeux sur le fait qu’il était bien un garçon mais je ne l’ai jamais senti en détresse par rapport à ça. J’ai même été surprise de sa capacité à laisser glisser ou au contraire à monter au créneau quand un enfant devenait trop lourdingue (« mais si t’es une fille, t’as des chaussures rose! »).

J’ai été également étonnée de rencontrer plusieurs fois des gens tout à fait bienveillants.  Moi qui m’étais préparée à défendre bec et ongles mon enfant, au final, j’ai presque été un peu frustrée !

Et après?

Je suis fière de moi qui ait laché certains de mes préjugés, fier de mon fils qui s’assume et ne se laisse pas faire. Mais le chemin est encore long ! J’ai gagné la bataille des chaussures à paillettes, mais je sens bien encore mes freins et réticences pour d’autres demandes. Mon Grand m’a plusieurs fois demandé pourquoi il n’avait pas de robe. Pour l’instant, je lui ai répondu que je ne lui en avais pas acheté car généralement dans notre société ce sont les filles qui en portent. Il n’est pas allé plus loin, mais qu’est ce que je ferai le jour où il m’en demandera une?

Je veux respecter les goûts de mes enfants mais je ne veux pas non plus qu’ils vivent mal le regard des autres. Je ne veux pas qu’ils se sentent exclus ou qu’ils souffrent de se sentir différents. Peut-être que ce sont des projections?

Je pense que je n’ai pas fini de réflechir à ce sujet. Vous ai-je dit que Mon P’tit Deuz a des cheveux longs et porte même une barrette?

Et vous, laissez-vous vos enfants choisir leurs vêtements?

 

 

 

 

 

Une réflexion sur “Les chaussures roses à paillettes de mon fils

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